Au pied du mur !

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Chaque lundi, au petit matin, je cours. Je cours une heure au moins, ça me vide de tout. Avant d’amorcer la semaine, je cours à environ 15 kms de chez moi. En pleine campagne, une campagne plutôt débridée et sauvage. C’est particulier, mais j’aime ça.

Cela m’oblige à veiller aux branches, aux pierres, aux racines. Je dois aussi veiller à garder quelques repères dans cette drôle de jungle : au-delà de la course, de l’effort physique réel dans un tel « théâtre », je dois chaque lundi, faire face à un nouveau parcours. On a le challenge que l’on peut ou que l’on veut !
D’autant que je suis « nu » quand je cours : pas de portable, pas de clé de voiture. Le portable reste à la maison. La clé est cachée, non loin de la voiture…
C’est comme ça. J’aime courir léger.

Un jour cependant, un jour bien évidemment, je me suis égaré.
Fatigué, épuisé, en fin de course, il me fallait maintenant chercher mes traces. Vainement. J’étais encore serein cependant. Voilà plus de 3 ans que chaque lundi matin, je venais courir ici !

Fatigué, j’abandonne la course pour la marche. J’écarte les branches, j’évite les larges flaques de boue… je me sens las. J’aimerais que tout cela s’arrête. J’aimerais retrouver ma voiture. La nuit est encore loin, c’est déjà ça… Mais elle peut venir vite.
La soif et même la faim commençaient aussi à me jouer de drôles de tours.
Je multipliais les crampes, les vertiges et les essoufflements.
En fait, je devais me l’avouer, l’inquiétude me gagnait, me gagnait vraiment.

Et puis au bout d’un chemin, terriblement boueux et toujours plus étroit, je me suis soudain trouvé… au pied d’un mur. Vraiment au pied du mur ! J’avais là, devant moi, un mur de 4, 5 mètres, peut-être, et qui semblait sans fin, absolument sans fin. Je m’y suis longuement appuyé. Puis, je choisis de le longer, mais je n’en voyais pas le bout.

Alors je me suis lancé à la recherche d un arbre suffisamment haut perché, et surtout à l’accès facile. Je devais l’escalader sans trop de peine. Cela m’a pris du temps, beaucoup, mais je l’ai trouvé. Un chêne large et fort, aux branches généreuses, basses et presque accueillantes. J’étais alors à moins d’un mètre de ce mur. Je grimpais donc sans trop de peine et le plus haut possible.

Abasourdi, je vis alors des enfants dans une cour, au centre d’un établissement que je reconnus sans peine : le pensionnat de mon fils !

Quelle course parcourue pour arriver là !

Que faire ? Je n’avais pas le choix bien entendu. Je choisis de sauter du haut de mon chêne. Je tombais, sans heurts majeurs, sur un terrain de basket. Il s’y trouvait là une belle partie semble t’il que j’avais interrompue un peu brutalement !

– Papa ?

Abasourdi, je ne pouvais, faute de mieux, que sourire et lever les bras en signe d’impuissance. J’étais boueux, en nage… et je tombais de mon arbre !

Les copains de mon fils oscillaient entre ricanements, étonnement ou commisération ! Les ricanements prirent rapidement le dessus !

Mon fils semblait aussi interloqué que moi et restait là, planté, souriant, moqueur et bienveillant. Il commençait vraiment à bien connaître son père…

Bon, ça vaut ce que ça vaut !

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