Auteur : l'écribulle

SORS DE MA CHAMBRE LÉOPOLD !

Ma chambre était fleurie, très, très fraîche de fait.
De larges tulipes ornaient les murs, les quatre murs !
Vert, orange, rose, blanc et bleu…
Le lit, petit, était agrémenté d’un énorme édredon d’un très bel oranger. Régulièrement quelques plumes voletaient…

L’élément central de ma chambre était le bureau. Énorme. Ancien, avec un tiroir unique, gigantesque. J’y logeais des quantités insensées de crayons, feutres, gommes et tant de petits carnets, blocs et cahiers. Un vrai trésor de guerre ! Isolée là, je dessinais des heures entières, me racontant des histoires…
C’était mon monde !
Comme souvent, la porte s’entrebâilla doucement, et Léopold, le chat de la maison, s’avança tranquille, à pas de velours. Élégant mais beaucoup trop dépendant ! Et tellement tenace ! De fait, il montait systématiquement sur le bureau, et venait se frotter à moi puis à mon crayon… Ça m’exaspérait ! Mais un jour, de guerre lasse, je l’ai laissé jouer avec le bout de mon crayon.
Et puis, petit à petit, je pu voir sur ma feuille des petits ronds, des petits ronds… toujours des petits ronds et tout marron !

Léopold monomaniaque ?

Et puis Léopold lâcha alors le crayon et m’envoya soudain un miaulement déchirant. Un de ces miaulements qui signifie vraiment, celui qui qui ne peut que pousser à l’action !
Je me suis levée, Léopold sauta à terre… et m’entraina vers la cuisine.
Et face à une gamelle désespérément vide, Léopold s’assit, un rien hautain, voir méprisant. Gamelle vide. Bon et alors… ça arrive. J’attrape le sac de croquettes et lui en verse quelques-unes, toutes rondes, toutes marron.
Il me regarda… triomphant !

On aurait du l’appeler pépère, pilou ou minou… Léopold, ça nous l’a positionné forcément !

Bon, ça vaut ce que ça vaut !

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le banal d’un quotidien !

Dormir, être réveillée ou s’éveiller, se rendormir juste un peu, s’étirer, grogner, sourire, penser, s’inquiéter ou se réjouir, se lever enfin.

Se regarder dans le miroir, passer une main dans ses cheveux, bailler, s’observer de très près, trop ?

Se diriger vers la cuisine, allumer la lumière et puis la cafetière, trouver une capsule, une tasse, presser un citron, y ajouter de l’eau, boire, beurrer un toast, le croquer, ramasser 3 miettes, avaler son café.

Se doucher, laisser l’eau couler, attraper le savon, le voir glisser partout, s’énerver et le rattraper enfin, prendre le shampoing, frotter ses cheveux et puis les rincer doucement, sortir de la douche, s’essuyer, s’embaumer de quelques crèmes, se parfumer, se coiffer et puis se maquiller.

Regarder l’heure, se dire qu’il faut se dépêcher. Choisir ses vêtements, changer d’avis, s’habiller, se déshabiller, enfiler un pull et puis un autre, ajuster une jupe, chausser ses jolis escarpins et face au miroir, admirer l’ensemble.

Chercher son sac, ses clés et son portable, fermer la porte, se demander si l’on n’a rien oublier.

Se dire qu’on est en retard, monter en voiture, mettre le contact, s’agacer dans les premiers bouchons, allumer la radio, éventuellement chantonner ou bien alors s’informer, avancer quand même, se garer au pied du bureau.

Saluer les uns et puis les autres. Retrouver son bureau, s’y poser un court instant et aller voir sa bonne copine, tout ou presque se raconter, partager un café, rire, se séparer.

S’enfermer dans son bureau, lire, relire, écrire, téléphoner, synthétiser, commander, demander, échanger, persuader, et puis rentrer, crevée.

Entrer chez soi. Ouvrir la porte, respirer, souffler, être en sécurité, être bien.

Jeter son sac et ses escarpins.

S’affaler sur le canapé, attraper livres et revues, s’enrouler dans un plaid et puis somnoler !
Cuisiner un minimum. Réchauffer quelques légumes, les croquer, préparer une salade, se verser un verre d’eau ou de vin, selon, savourer.

Lire, téléphoner, allumer tv et ordi, colorer ses ongles de pied ou de main…

…et demain, recommencer.

Bon, ça vaut ce que ça vaut !

Jolie boite à ronron !

Je rentre enfin à la maison après quelques courses et trop de temps passé dans ces temples de la surconsommation.

Chargée d’un énorme sac, un lourd paquet à chaque main, j’ouvre la porte, enfin, après avoir bataillé pour trouver mes clefs !

Mon chat, l’élégante Daisy, ma petite boite à ronron, m’accueille.

Je me déleste de mes trop lourds paquets :
à droite un énorme sac de croquettes, à gauche un énorme sac de litière !

Tube digestif, va !

Bon, ça vaut ce que ça vaut !

Que d’excès pour Noël !

A en croire nos très chers publicitaires, nous ne vivons que pour Noël :
Picard l’affirme d’ailleurs et l’affiche : « un an qu’on attend ça » !

« Carrefour, le Noël des merveilles ! »
Chez Leclerc, on se contente d’un mot, « joyeux », gaiement posé sur une montagne de cadeaux… Noël n’est plus.

Tous s’évertuent pour nous faire vivre un « Noël unique » !
Quelle surenchère :
« Irrésistible », « féérique », « magique », « sublime » « fou »…
On nous souhaite également « une immensité de bonheurs pour Noël »… et le « rêve à prix cadeaux !  » Ça c’est quand même formidable !
« C’est Noëllissime ! »
« Parce que Noël, n’a jamais été aussi bon ! »

Heureusement, il y a parfois quelques échappés belles :
les anglais par exemple… toujours eux décidément, viennent avec tant de charme et d’élégance mettre en scène Mrs Claus. So quite, en l’absence de son homme ! Une pub toute pleine de malice :
https://www.youtube.com/watch?v=V5QPXhStb5I

Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas l’essentiel et partagez au moins, non pas ce post, mais… toujours plus de lumière !
On n’en donne ni n’en reçoit jamais trop…

Avec « une immensité de bonheurs pour Noël et des rêves à prix cadeaux » !

Bon, ça vaut ce que ça vaut !

LE VOL DU MOUSTIQUE 

L’exaspérant moustique, le tueur de marchand de sable. Il va, il vient, il vole, virevolte… s’arrête puis repart de plus belle pour mieux vriller vos nerfs épuisés. Le voilà qui fait des loopings maintenant, toujours plus proche, dans un vrombissement de bombardier lourd ou léger. Si petit, si rapide, vous le perdez toujours de vue. Mais vous ne lâcherez pas. Vous aurez sa peau ! Armé d’un livre, d’une chaussure ou d’un vêtement, vous parcourez votre chambre, légèrement vouté, pas à pas, scrutant tel un guerrier tous les coins et recoins de l’endroit. Silence. Observation mutuelle ? Vous attendez. Et puis le revoilà ! Cette fois, vous l’avez vraiment en ligne de mire. Vous l’aurez. Il est là, se dégageant nettement sur le blanc du mur. Vous frappez violemment. Le coup est fatal. Reste le sang que l’affreux aura sucé. Mais pas le vôtre !

Bon, ça vaut ce que ça vaut !

C’est très embêtant l’école !

C’est embêtant parce qu’il faut toujours tout faire ensemble, ensemble et tout pareil !

Par exemple dès le primaire, choisir le crayon vert pour « souligner en rouge » comme le demande la  maîtresse annonce d’ores et déjà une scolarité un petit rien compliquée. La maîtresse vous regarde navrée ou courroucée et il faut tout recommencer ! (Maman, viens me chercher…)

Idem plus tard, avec les stylos plume, le jour où vous décidez d’être tellement appliqué, l’encre coule, tâche, vous en avez plein les doigts, c’est tragique, pathétique aussi. Fatigant également. Avec ce même stylo, vous vous appliquez à souligner proprement à la règle et… ça bave partout. C’est dégueulasse, au propre comme au figuré.

Une petite faute de rien sur cette copie que vous vous apprêtez à rendre… vous gommez bien sur, trois fois rien… mais ça ne part pas forcément, alors ça énerve, inévitablement. Vous gommez encore et encore. La copie devient sale, froissée, trouée. Un torchon.

En géographie, vous ruinez cette belle photocopie à coller proprement dans les cahiers. Trop de colle, trop de pression… Allez donc colorier les fleuves et puis les montagnes sur un terrain tellement miné et avec tant de reliefs !

En math, au tableau. L’énorme compas ne tourne pas, il glisse sur le tableau, impossible de le manier correctement. Avec la règle et le rapporteur, c’est pire encore !

En chimie, les précipités sont magnifiques dans toutes les éprouvettes, mais pas chez vous. Vous tapotez un peu le tube, non, rien. Bon. C’est épuisant, vraiment.

Pire votre ampèremètre se met à fumer… là, il faut lâcher.

Concernant le sport… quand vous êtes capable au hand de marquer avec une certaine hargne dans votre propre but… là, tout est dit.

Vous finissez par être dans une forme d’acceptation… Que faire, que dire ? Le professeur aussi, d’ailleurs… C’est vraiment très embêtant l’école, très.

 Bon, ça vaut ce que ça vaut !

 

 

Mon médecin me l’a dit…

Mon médecin me l’a dit, des abdominaux chaque matin !
Et allez… petit-déjeuner, douche, abdos. Quelque soit l’ordre choisi, il faut se motiver déplier son petit tapis, et c’est parti. Des séries de 30, puis de 40, puis de 50. Et puis tiens, rajoutons quelques pompes aussi… Et pourquoi pas des haltères pour des bras plus fermes. Le corps humain comptant environ 600 muscles… On ne s’en sort plus !
Sinon… changer de médecin ?

Bon, ça vaut vraiment ce que ça vaut !

En balade à Bordeaux…

Me baladant dans Bordeaux, et rue des remparts, je trouve une galerie, légère animation, et surtout très beaux tableaux…

j’entre. J’admire ce travail. Et discute avec cette femme, en train de peindre, simplement.

Interdite de Beaux-arts autrefois, elle a longtemps oeuvré dans la communication…

Et puis un jour, elle a décidé de se consacrer à la peinture, quoiqu’il arrive…

….

Bon, ça vaut ce que ça vaut.

 

 

Tailler la route !

On en rêve tous parfois, avouons le !

Partir, tout laisser, tout laisser pour un court instant ou pour toujours…

Même si on se contente de filer de Paris à Deauville, de Nantes à la Baule ou de Bordeaux à Biarritz.

Quelle aventure, quelle aventure !

Même pour quelques heures, même pour quelques jours… juste s’offrir une échappée belle ! S’armer de tant d’insouciance et de légèreté. Tout oublier, tout laisser derrière soi.

Etre à 30, 40 ou 50 ans, tout emprunt comme d’une folle jeunesse. Vivre des instants rares ou suspendus. Prendre le temps de réfléchir, aussi, entre deux rires. De réfléchir à la vie qui va. Sa vie. Celle qui file si vite. Celle que l’on veut tellement conforme à chacun de ses rêves. Parce que jusqu’au dernier soir, on se voudrait toujours joyeux, debout et émerveillé. Depuis Deauville, la Baule, Biarritz ou tout autre ailleurs, on y croit très fort.

Mais de retour au port ?

De retour au port, il faut s’accompagner presque à chaque instant de ces quelques mots de René Char :

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. »

Bon, ça vaut ce que ça vaut !

Liberté, je noie ton nom !

« Be free »… au beau milieu de l’océan !

Mais qui nous a concocté un tel concept ?

Un photographe, »voileux » à ses heures perdues, ou bien une personne peut-être un petit peu noyée dans sa vie, ou… le résultat de quelques heures de réunionites intenses au sein d’une bien belle agence publicitaire…

Quoiqu’il en soit un horizon strictement océanique, en guise de liberté, ça me laisse un petit rien perplexe…
Seule au milieu de l’océan et imaginer ses sombres profondeurs. Quelle angoisse !

« Be free »…
Liberté, je noie ton nom, oui ! Non mais alors !

Bon, ça vaut ce que ça vaut !