billet d’humeur

Le temps des vacances…

Et voilà le temps béni des grandes vacances… Les petits ravis, les plus grands soulagés.

C’est belle et bien les vacances :

Le temps de la légèreté et de l’insouciance,

Le temps des siestes à l’ombre des cyprès,

Le temps des baignades en eaux chaudes et limpides,

Le temps des longues balades en bordure d’océan ou à l’ombre des sous-bois,

Le temps de cuisiner, d’aller au marché pour des produits sains et le plus souvent locaux,

Le temps des apéritifs bruyants ou intimes,

Le temps de porter de jolies petites robes légères, à fleur le plus souvent,

Le temps des crèmes solaires et de leur parfum, riche de souvenirs,

Le temps de jouer avec les enfants,

Le temps de voyager, de découvrir et s’ouvrir à de nouveaux mondes,

Le temps de lire tous ces livres empilés là, faute de temps pour les lire,

Le temps de rêver, aussi, simplement,

Le temps de partager, le temps d’aimer, le temps de rire,

Le temps de se reposer,

Le temps de se retrouver,

Le temps de se poser pour penser sa vie et mieux la guider,

Le temps, surtout.

Et puis c’est le temps de refaire ses bagages, le temps de retourner au travail ou l’école…

Et puis aussi, fort de ce temps suspendu, c’est souvent le temps des bonnes résolutions de rentrée…

Bon, ça vaut ce que ça vaut !

Aux carrefours de nos vies…

Et si j’avais écouté Pierre… Et si j’avais eu ce concours… Et si j’avais refusé ce job… Et si je ne m’étais pas mariée finalement ou si seulement j’avais divorcé…

Et puis quoi encore ! On s’imagine refaire nos petites vies à chaque carrefour ! Mais elle est la Vie. On ne peut rien y faire. La direction a été prise en toute conscience ou pas, peu importe, la question n’est pas là. Elle a été prise c’est tout. Par qui, pour qui, pourquoi ?

Une implacable fatalité, une drôle de destinée totalement inégalitaire nous colle sans doute à la peau.

La vie est là, aujourd’hui, ici et maintenant.

Comment être impudent au point de pouvoir imaginer une vie autre. Avec autant de choix alors à chaque carrefour passé !

Quoiqu’il en soit, il est vain de vouloir avec prétention réécrire nos vies. Le passé est hier. On ne plus y jouer. Au mieux conjuguons avec au présent !

« Bon, ça vaut ce que ça vaut! »

Jolie boite à ronron !

Je rentre enfin à la maison après quelques courses et trop de temps passé dans ces temples de la surconsommation.

Chargée d’un énorme sac, un lourd paquet à chaque main, j’ouvre la porte, enfin, après avoir bataillé pour trouver mes clefs !

Mon chat, l’élégante Daisy, ma petite boite à ronron, m’accueille.

Je me déleste de mes trop lourds paquets :
à droite un énorme sac de croquettes, à gauche un énorme sac de litière !

Tube digestif, va !

Bon, ça vaut ce que ça vaut !

Que d’excès pour Noël !

A en croire nos très chers publicitaires, nous ne vivons que pour Noël :
Picard l’affirme d’ailleurs et l’affiche : « un an qu’on attend ça » !

« Carrefour, le Noël des merveilles ! »
Chez Leclerc, on se contente d’un mot, « joyeux », gaiement posé sur une montagne de cadeaux… Noël n’est plus.

Tous s’évertuent pour nous faire vivre un « Noël unique » !
Quelle surenchère :
« Irrésistible », « féérique », « magique », « sublime » « fou »…
On nous souhaite également « une immensité de bonheurs pour Noël »… et le « rêve à prix cadeaux !  » Ça c’est quand même formidable !
« C’est Noëllissime ! »
« Parce que Noël, n’a jamais été aussi bon ! »

Heureusement, il y a parfois quelques échappés belles :
les anglais par exemple… toujours eux décidément, viennent avec tant de charme et d’élégance mettre en scène Mrs Claus. So quite, en l’absence de son homme ! Une pub toute pleine de malice :
https://www.youtube.com/watch?v=V5QPXhStb5I

Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas l’essentiel et partagez au moins, non pas ce post, mais… toujours plus de lumière !
On n’en donne ni n’en reçoit jamais trop…

Avec « une immensité de bonheurs pour Noël et des rêves à prix cadeaux » !

Bon, ça vaut ce que ça vaut !

Au pied du mur !

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Chaque lundi, au petit matin, je cours. Je cours une heure au moins, ça me vide de tout. Avant d’amorcer la semaine, je cours à environ 15 kms de chez moi. En pleine campagne, une campagne plutôt débridée et sauvage. C’est particulier, mais j’aime ça.

Cela m’oblige à veiller aux branches, aux pierres, aux racines. Je dois aussi veiller à garder quelques repères dans cette drôle de jungle : au-delà de la course, de l’effort physique réel dans un tel « théâtre », je dois chaque lundi, faire face à un nouveau parcours. On a le challenge que l’on peut ou que l’on veut !
D’autant que je suis « nu » quand je cours : pas de portable, pas de clé de voiture. Le portable reste à la maison. La clé est cachée, non loin de la voiture…
C’est comme ça. J’aime courir léger.

Un jour cependant, un jour bien évidemment, je me suis égaré.
Fatigué, épuisé, en fin de course, il me fallait maintenant chercher mes traces. Vainement. J’étais encore serein cependant. Voilà plus de 3 ans que chaque lundi matin, je venais courir ici !

Fatigué, j’abandonne la course pour la marche. J’écarte les branches, j’évite les larges flaques de boue… je me sens las. J’aimerais que tout cela s’arrête. J’aimerais retrouver ma voiture. La nuit est encore loin, c’est déjà ça… Mais elle peut venir vite.
La soif et même la faim commençaient aussi à me jouer de drôles de tours.
Je multipliais les crampes, les vertiges et les essoufflements.
En fait, je devais me l’avouer, l’inquiétude me gagnait, me gagnait vraiment.

Et puis au bout d’un chemin, terriblement boueux et toujours plus étroit, je me suis soudain trouvé… au pied d’un mur. Vraiment au pied du mur ! J’avais là, devant moi, un mur de 4, 5 mètres, peut-être, et qui semblait sans fin, absolument sans fin. Je m’y suis longuement appuyé. Puis, je choisis de le longer, mais je n’en voyais pas le bout.

Alors je me suis lancé à la recherche d un arbre suffisamment haut perché, et surtout à l’accès facile. Je devais l’escalader sans trop de peine. Cela m’a pris du temps, beaucoup, mais je l’ai trouvé. Un chêne large et fort, aux branches généreuses, basses et presque accueillantes. J’étais alors à moins d’un mètre de ce mur. Je grimpais donc sans trop de peine et le plus haut possible.

Abasourdi, je vis alors des enfants dans une cour, au centre d’un établissement que je reconnus sans peine : le pensionnat de mon fils !

Quelle course parcourue pour arriver là !

Que faire ? Je n’avais pas le choix bien entendu. Je choisis de sauter du haut de mon chêne. Je tombais, sans heurts majeurs, sur un terrain de basket. Il s’y trouvait là une belle partie semble t’il que j’avais interrompue un peu brutalement !

– Papa ?

Abasourdi, je ne pouvais, faute de mieux, que sourire et lever les bras en signe d’impuissance. J’étais boueux, en nage… et je tombais de mon arbre !

Les copains de mon fils oscillaient entre ricanements, étonnement ou commisération ! Les ricanements prirent rapidement le dessus !

Mon fils semblait aussi interloqué que moi et restait là, planté, souriant, moqueur et bienveillant. Il commençait vraiment à bien connaître son père…

Bon, ça vaut ce que ça vaut !