Jamais sans mon mot !

Du charme des compétitions !

Vous savez ces compétitions que l’on qualifie parfois de concours de dessins, ce vrai travail qui monopolise presque toute une agence à J-10, ces compétitions ruineuses dévoreuses de temps et d’argent au sein de bien des agences…
Les choses sont bien ordonnées et depuis au moins quelques décennies : côté annonceur, on trouve une véritable feuille de route, une jolie copy stratégie et côté agence, une réflexion stratégique, une création, et un dispositif média toujours plus complexe… Comme en vrai, comme en grand. Sauf qu’en face il peut y avoir jusqu’à 15 agences dans la même situation, agitant quelques neurones sur le même budget ! Tout va bien. C’est le charme des compétitions non rémunérées et si coûteuses. En retour de tous ces investissements ? L’incertitude ! L’attente parfois de savoir si il y a un 2ème tour ! Le grand oral !
Depuis de nombreuses années, beaucoup s’insurgent : «la plupart des appels d’offres sont mal faits […] Beaucoup sont inutiles ou factices, voire malhonnêtes […] Les compétitions détruisent de la valeur économique, intellectuelle et humaine. »
Tout le monde, ou presque s’accorde à dire qu’il faut vraiment réformer ces appels d’offre…
Parfois pourtant, on trouve là un bel esprit de compétition ! Sans doute quand on l’a remporté !

La page blanche !

Ce matin, c’est la panne. La page blanche… Quoique vous tentiez, rien ne se dégage. Vous ouvrez différents dossiers. Celui-ci peut-être ? Mais non, pas mieux, il n’en sort rien, absolument rien. Vous êtes vide, totalement vide. Pourtant les dossiers s’accumulent. Il serait bon d’avancer, et vite. Seul le médiocre et au prix d’efforts tellement vains, se dessine lentement sur vos copies ! Alors, vaguement coupable, vous décidez de vous évader. Fuir, et aller réamorcer la machine en marchant un peu, au parc voisin, en flânant au hasard des rues, juste pour oublier, juste pour vivre et vibrer un peu… Oublier la méchante page du matin, oublier. Et puis, au retour… Miracle ! Fluide, rapide, limpide, l’inspiration vous fait la grâce d’accompagner vos doigts sur le clavier, enfin !

Vous imaginez ces petites escapades en mode salarié ? Ca fait toujours un petit rien désordre de se sauver à la hâte… Et pourtant comme elles sont salutaires ces petites fugues, si propices à la production…  Vive l’indépendance décidément !

Mes 1ers pas à l’agence…

J’ai fait mes premiers pas publicitaires dans une bien belle agence… juste, je m’étais trompée de bureau ! J’étais chez les commerciaux. Chef de pub. Le drame !

Très vite, je stoppais net mes nombreuses courses face à la création, face au concepteur-rédacteur, tranquille, dans sa bulle, loin de toute agitation, face à son petit mac d’alors et tous ses bouquins, tellement éparpillés… J’aurais donné vraiment cher pour intégrer ce joli petit monde, où le choix d’une couleur, d’une forme, la taille d’un cartouche, le calibrage d’un texte, le choix d’une typo, l’écriture, la sonorité d’un mot et chacune de ses résonnances, l’engagement d’une promesse, la recherche du mot juste… primaient par dessus tout. Tant de belles préoccupations, et tellement familières déjà… j’adorais tout de leurs univers. Hélas, cantonnée dans mon horrible rôle de chef de pub, je venais là leur rappeler que monsieur Client voulait un cartouche vert et non bleu, je venais là leur demander s’ils pouvaient accélérer la cadence car le budget phare de l’agence venait de revoir tous ses rétro-planning. Je venais là rêver, mais je ne pouvais y rester et encore moins y travailler…
C’était un peu mon chemin de Compostelle, cette affaire là !
C’est bon, j’ai validé mes crédences !

Concepteur-rédacteur et mono-maniaque ?

Le métier de concepteur-rédacteur présente un inconvénient de taille, n’en déplaise : vous rendre un petit rien mono-maniaque. En effet, avant chaque nouvelle rédaction, une jolie documentation s’impose ! Tant et si bien que vous devenez tout de même calé sur LA question… Une question qui vous tient tant à cœur, que vous pouvez alors disserter sur LE sujet, votre sujet phare du moment ! Des thématiques diverses et variées : les lagunes du gât mort, les techniques dépilatoires de L’Institut, le pari sans cesse renouvelé de chaque nouveau millésime, le poids du cartable… Pour simple exemple, en pleine rédaction autour de la gestion de l’eau pour le service communication de votre mairie, vous trouvez bon de jauger votre entourage, un peu comme un enfant fort de nouvelles connaissances : « tu savais qu’il y a près de 207 kms de réseau d’eau sous les sols de la commune ? Tu savais, qu’il existe pas moins de  54 critères de potabilité ? » Ca peut laisser pantois !

C’est ça le côté génial du métier,
découvrir tant d’un univers à l’autre, avec une même et seule constance : la passion pour l’écriture !